Au cœur de l’image
Chez Linda Moufadil, la vie est une interrogation qui passe. Le spectateur est toujours au cœur
de la vie à s’amuser de la réalité qu’il regarde. Il se demande qui est cette jeune femme qui sert
dans un café de Deauville. Il s’interroge sur les lointains qui suivent sa route : cet arbre seul dans
la brume est-ce une image de la solitude qui le rattache à la réalité et ce coucher de soleil, à qui
lui fait-il penser ? Il regarde à l’Infini cette voiture qui traverse les quais d’un port peut-être.
Avec Linda Moufadil, nous ne sommes sûrs de rien. Elle interroge le monde comme chaque artiste
mais avec cette technique bien à elle : le trait est flou, les couleurs se reflètent dans des flaques.
Il pleut ensuite. Tout est-il réel ou irréel ? L’art est une interrogation sur la vérité : où sommes-nous,
où allons-nous ?
Graphiste de formation, Linda Moufadil a perfectionné son art au cours de voyages européen et africain.
Ses origines marocaine et norvégienne ne sont jamais très loin : le travail sur les couleurs et le lancé
du trait rappelle certains peintres comme Kacimi ou Munch.
André Breton écrivait : «c’est par la force des images que, par la suite des temps, pourraient bien
s’accomplir les vraies révolutions. En certaines images, il y a déjà l’amorce d’un tremblement de terre».
Ce tremblement est peint par Linda Moufadil et il remet en cause nos certitudes sur les canons
esthétiques. La vie devient vitesse, comme le monde s’agite. Le monde est flou et manque de rêve.
C’est la force des images de cette jeune peintre qui même quand elle peint Le calme appelle à un
repos trompeur. Au cœur de la peinture de Linda Moufadil, il y a la beauté des images jamais vues.
Des images continuellement revisitées.
LP, poète et critique